2025-08-31-Bulletin_Hinokage_EgliseChretienne

Exode 20 : « Celui qui invoque le nom du Seigneur sera sauvé »

Tu ne prononceras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain

Exode 20:7

7. Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain ; car l'Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain.

La Bible est le livre historique qui contient la Parole de Dieu. Elle renferme des enseignements pour nous lecteurs, les événements de l’époque biblique, des psaumes de louange, des paroles de sagesse, et des lettres.

Dans la Bible française, Dieu est désigné par plusieurs termes :

  • Dieu … traduction d’Elohim (אלהים)
  • Éternel/Seigneur … traduction d’Adonaï (אדני) ou YHWH (יהוה)
  • Père … particulièrement utilisé dans le Nouveau Testament

Et aussi par d’autres appellations :

  • Tout-Puissant/Dieu Tout-Puissant … El Shaddaï (אל שדי)
  • Très-Haut … Elyon (עליון)
  • Éternel des armées … Yahvé Sabaoth (יהוה צבאות)

Mais quel est le but de ce troisième commandement ?

Il ne s’agit pas simplement d’interdire de prononcer le nom de Dieu. Il interdit de le mépriser ou de l’utiliser à des fins personnelles.

  • Utiliser le nom de Dieu pour des malédictions, de la divination ou de faux serments
  • Mentir en disant « Dieu a dit »
  • Le prononcer de manière formelle tout en tournant le cœur contre Dieu

En d’autres termes, c’est notre attitude envers « le nom de Dieu = Dieu lui-même » qui est en question.
Dans notre époque moderne, le mot « dieu » est parfois utilisé à la légère dans la fiction et les conversations quotidiennes, et même parfois abusé. Cependant, nous sommes appelés à continuer d’invoquer le nom du Seigneur avec vérité et respect.

Le nom de Dieu

Exode 3:14

14. Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël : Celui qui s'appelle « je suis » m'a envoyé vers vous.

C’est dans ce passage que le nom de Dieu fut révélé pour la première fois.

  • Je suis … Ehyeh (אהיה)
  • Il est … Yahvé (יהוה)

Quand Dieu se désigne lui-même, il dit « Je suis » (Ehyeh), et quand nous le désignons, c’est « Il est = Yahvé ». C’est le nom de Dieu.

Dans la Bible hébraïque, ce nom apparaît fréquemment, mais les Juifs évitaient de prononcer ce nom directement, le remplaçant par « Adonaï (Seigneur) ». C’est une tradition pieuse visant à ne pas traiter le nom de Dieu à la légère.

C’est pourquoi, dans la plupart des passages où la Bible française traduit par « Éternel » ou « Seigneur », le nom de Dieu est en réalité écrit dans le texte original.

Les Bibles françaises

Dans la Bible hébraïque, le nom YHWH apparaît des milliers de fois. Cependant, dans les Bibles françaises (comme la version Louis Segond, la Bible en français courant, etc.), tout est remplacé par « Éternel » ou « Seigneur ».

Ceci résulte de l’héritage des traditions de traduction occidentales, où « YHWH » était rendu par « SEIGNEUR » en anglais, « HERR » en allemand, préservant ainsi l’habitude de ne pas prononcer directement le nom divin.

La traduction française a donc consciemment respecté cette tradition de « ne pas prononcer directement le nom » héritée de l’histoire de la traduction occidentale. Cela reflète à la fois une exactitude académique et une piété religieuse.

Sans cette tradition, la Bible française aurait pu afficher le nom tel quel, et nous l’aurions peut-être répété à chaque culte. Quand on y pense, ce travail de traduction a été préservé dans la providence de Dieu.

L’usage abusif du mot « dieu » dans les médias contemporains

Dans la société contemporaine, nous pouvons découvrir de nombreuses œuvres qui enrichissent nos cœurs à travers divers médias. Cependant, pour les chrétiens, il n’est pas rare d’hésiter sur la façon d’aborder ces œuvres.

Les expressions particulièrement problématiques sont les suivantes :

  • Dans les anime, mangas ou films où « dieu » est dépeint comme une entité maléfique à abattre au nom de la justice
  • Les humains dépeints comme des êtres qui surpassent « dieu »
  • Le titre « dieu » utilisé à la légère comme simple symbole de puissance

Par exemple, prenons les œuvres populaires comme les films de super-héros Marvel ou DC Comics, ou les séries comme « Game of Thrones ». Dans ces œuvres, divers « dieux » apparaissent, mais ils peuvent mourir, et il existe de nombreuses entités plus puissantes, avec de nombreux personnages portant le titre de « dieu ».

Il y a certainement de nombreux fans parmi les chrétiens. Cependant, quand vous parlez du contenu avec des amis, surtout quand vous parlez des « dieux » de ces œuvres, n’avez-vous pas parfois des sentiments compliqués ? L’expérience de cette lutte intérieure « Est-ce que c’est bien ? » est un souci commun à de nombreux chrétiens.

Guidance biblique : Romains 14:13-14, 20-21

13. Ne nous jugeons donc plus les uns les autres ; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d'achoppement ou une occasion de chute.
14. Je sais et je suis persuadé par le Seigneur Jésus que rien n'est impur en soi ; mais si quelqu'un croit qu'une chose est impure, elle est impure pour lui.
20. Pour un aliment, ne détruis pas l'œuvre de Dieu. Toutes choses sont pures ; mais il est mal à l'homme, quand il mange, de devenir une pierre d'achoppement.
21. Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s'abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute.

En appliquant les principes tirés de ce passage biblique aux œuvres médiatiques contemporaines, nous pouvons comprendre ce qui suit :

Respect de la conscience individuelle
Les œuvres de fiction ne sont pas intrinsèquement pécheresses. Cependant, si la conscience individuelle juge qu’« c’est inapproprié », il est sage pour cette personne d’éviter ces choses.

Considération pour la communauté
Parler à la légère de ces œuvres devant d’autres chrétiens, surtout devant des frères et sœurs en cours de croissance dans la foi, peut devenir un obstacle pour eux. Une attention particulière aux enfants et aux nouveaux croyants est nécessaire.

Retenue par amour
Même si on ne ressent personnellement aucun problème, s’abstenir par amour pour les autres est une attitude mature de chrétien.

Ce que nous pouvons faire

Organisons les multiples perspectives académiques sur l’usage du mot « dieu » dans la culture contemporaine.

Perspective linguistique et d’études culturelles
Le mot « dieu », tout en étant originellement un concept religieux, est maintenant largement utilisé comme terme culturel général dans la société contemporaine. Les linguistes et chercheurs en études culturelles analysent ce phénomène comme la « sécularisation du langage ». La plupart des biblistes distinguent clairement entre le « dieu » qui apparaît dans les œuvres de fiction et le Dieu de la Bible, les positionnant comme « des concepts fondamentalement différents ».

Perspective théologique et pastorale
Il existe plusieurs positions dans l’approche théologique de ce problème.

La position conservatrice considère l’abus culturel du « dieu » lui-même comme un « acte violant le 3e commandement » et demande une réponse prudente. D’autre part, une position plus tolérante évalue que « certes les expressions irréfléchies sont problématiques, mais cela peut plutôt devenir une précieuse opportunité éducative pour la communauté de foi ».

Les théologiens protestants en particulier proposent d’utiliser le contraste aigu entre « la superficialité du mot ‘dieu’ dans la culture contemporaine » et « le poids absolu du nom de Dieu dans la Bible » comme outil éducatif.

Approche pratique
L’important n’est pas de nier unilatéralement la culture contemporaine. C’est plutôt de saisir l’occasion d’examiner à nouveau profondément le vrai sens du commandement « ne pas prononcer le nom en vain » à travers ces phénomènes.

Comme perspective contemporaine, il est proposé de positionner « ‘dieu’ dans la fiction et le langage quotidien » comme point de départ d’un dialogue constructif, tout en portant le risque de créer des malentendus. Plutôt que de condamner immédiatement, utiliser cela comme occasion de guider vers une compréhension plus profonde en comparant avec le vrai Dieu de la Bible — c’est une réponse au défi contemporain de « comment faire face à la culture » et un exemple concret d’application contemporaine du 3e commandement.

Invoquer le nom du Seigneur

Psaume 105:1-3

1. Louez l'Éternel, invoquez son nom ! Faites connaître ses œuvres parmi les peuples !
2. Chantez, chantez en son honneur ! Parlez de toutes ses merveilles !
3. Glorifiez-vous de son saint nom ! Que le cœur de ceux qui cherchent l'Éternel se réjouisse !

Joël 2:32

32. Alors quiconque invoquera le nom de l'Éternel sera sauvé ; le salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem, comme a dit l'Éternel, et parmi les réchappés que l'Éternel appellera.

Ces passages bibliques semblent à première vue contradictoires avec le troisième commandement du Décalogue.

« Ne pas prononcer en vain » – cela interdit de mépriser, d’utiliser, de mentir, d’utiliser le nom de Dieu « pour son profit personnel » ou de le prononcer de manière seulement formelle.

En d’autres termes, ce qui est considéré comme péché, c’est de « traiter le nom de Dieu de manière vaine et vide de sens ».

« Celui qui invoque le nom sera sauvé » – c’est invoquer le nom dans la confiance, la gratitude et la louange. Quand on raconte les œuvres de Dieu, qu’on le remercie et qu’on cherche le salut, invoquer le nom devient une bénédiction. C’est « l’expression de la foi qui s’appuie sur Dieu ».

La différence entre les deux est :

  • Invoquer en vain… appeler de manière irréfléchie, formelle, égocentrique, en utilisant Dieu
  • Invoquer en cherchant le salut… appeler en demandant de l’aide avec confiance et respect sincères du cœur.

« Invoquer le nom en vain » et « invoquer le nom avec confiance » sont des actes complètement opposés.

  • Le premier, c’est faire de Dieu son outil.
  • Le second, c’est se confier soi-même à Dieu.

C’est pourquoi la Bible dit d’un côté « ne prononce pas en vain » et de l’autre « celui qui invoque sera sauvé ».

Chaque jour, nous remercions Dieu qui nous donne de bonnes choses, et qui nous accompagne et nous donne le salut quand nous sommes dans la peine, et nous prions.