2025-11-23-Bulletin_Hinokage_EgliseChretienne

Exode 20 : « Jésus qui lave nos péchés »

Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain

Exode 20:16

16. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

Le neuvième des Dix Commandements que Dieu a donnés au peuple d’Israël est celui-ci : « Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. »

Comme d’habitude, examinons le texte hébreu.

Il s’écrit « לֹא־תַעֲנֶה בְרֵעֲךָ עֵד שָׁקֶר » (Lo ta’aneh bere’akha ed shaqer), ce qui signifie « Tu ne rendras pas de faux témoignage contre ton prochain. »

  • לֹא (Lo)… « tu ne… pas »
  • תַעֲנֶה (Ta’aneh)… « répondre, témoigner »
  • בְרֵעֲךָ (Bere’akha)… « contre ton prochain »
  • עֵד (Ed)… « témoin, témoignage »
  • שָׁקֶר (Shaqer)… « faux, mensonge, tromperie »

Le contexte judiciaire dans l’Israël antique

Ce commandement ne concerne pas le mensonge ordinaire « כזב » (kazav), mais interdit spécifiquement le faux témoignage « עֵד » (ed) dans le système judiciaire.

Dans l’Israël antique :

  1. La place du village servait de tribunal
  2. Le système de témoignage était le fondement de la justice
  3. Les sanctions contre le faux témoignage étaient sévères

Ainsi, ce commandement interdisait principalement le faux témoignage devant les tribunaux, et s’est ensuite étendu à la calomnie et à la diffamation dans la vie quotidienne.

L’importance du « prochain »

L’expression « בְרֵעֲךָ (Bere’akha) » — « ton prochain » — est d’une importance capitale.

Dieu ne présente pas les Dix Commandements comme une morale abstraite. Le mot « prochain » présuppose que nous vivons tous dans des relations concrètes les uns avec les autres.

Le prochain inclut la famille, la communauté, le voisinage, et toutes les personnes que Dieu met sur notre chemin.

Autrement dit, le neuvième commandement ne parle pas de quelqu’un d’anonyme, mais vise à protéger les relations avec des personnes que nous connaissons réellement.

Appliqué à notre époque, même sur les réseaux sociaux où l’on ne voit pas le visage de l’autre, dès qu’on échange des mots, cette personne devient notre « prochain ».

L’anonymat ne supprime pas notre responsabilité. Au contraire, c’est justement dans l’anonymat que notre respect d’autrui est le plus mis à l’épreuve.

Les paroles mensongères blessent plus profondément que les choses matérielles — elles détruisent les relations humaines elles-mêmes.

C’est pourquoi Dieu a délibérément utilisé le terme concret « ton prochain ». Il désire que nous protégions l’honneur de ceux que nous côtoyons chaque jour, et que la confiance mutuelle s’établisse entre nous.

La différence avec le simple « mensonge »

L’hébreu possède plusieurs mots pour désigner le mensonge :

  1. שָׁקֶר (Shaqer)… Fausseté dans un contexte légal ou officiel (neuvième commandement)
  2. כָּזָב (Kazav)… Mensonge ordinaire, comportement trompeur
  3. שֶׁוא (Shav)… Vide, futilité (troisième commandement)

Le fait que le neuvième commandement utilise « שָׁקֶר (Shaqer) » montre qu’il met particulièrement l’accent sur le faux témoignage dans un cadre public.

En d’autres termes, ce commandement ne concerne pas simplement le fait de dire de mauvaises paroles, mais une responsabilité plus spécifique et plus lourde : la véracité d’un témoignage qui affecte la vie d’autrui.

L’intention de Dieu et le but du neuvième commandement

Pourquoi ce commandement nous a-t-il été donné ? Examinons son rôle sous plusieurs angles.

1. Effets immédiats et sociaux

Protection du système judiciaire

Le système juridique de l’Israël antique reposait entièrement sur les témoignages. À une époque sans test ADN, sans empreintes digitales, sans caméras de surveillance, la parole humaine était la seule preuve. Si les faux témoignages proliféraient, des innocents seraient condamnés à mort tandis que les véritables criminels resteraient impunis. Le neuvième commandement a été donné pour empêcher l’effondrement de la justice et protéger l’équité des procès.

Maintien de la confiance au sein de la communauté

Sans témoignages dignes de confiance, la société ne peut fonctionner. Commerce, vente de terres, mariage, héritage — tous les contrats de la société antique reposaient sur la fiabilité de la parole des témoins. Le neuvième commandement a été donné pour garantir que la parole soit digne de confiance et établir le fondement de la confiance dans toute la communauté.

Protection des faibles

Les puissants et les riches pouvaient, par de faux témoignages, voler les biens des faibles ou les accuser à tort. L’affaire de Naboth dans 1 Rois 21 en est un exemple typique. La reine Jézabel fit comparaître de faux témoins contre Naboth, le fit exécuter et s’empara de sa vigne. Le neuvième commandement a été donné pour protéger les citoyens ordinaires contre l’injustice du pouvoir.

2. Effets théologiques

Refléter la nature de Dieu

Dieu lui-même est la Vérité (Jean 14:6 : « Je suis le chemin, la vérité et la vie »). De plus, Hébreux 6:18 enseigne que « Dieu ne peut mentir ». En revanche, dans Jean 8:44, le diable est appelé « le père du mensonge ».

Le neuvième commandement a été donné pour que le peuple de Dieu vive en tant que peuple reflétant la nature véridique de Dieu. Dire la vérité n’est pas simplement un acte moral, c’est devenir semblable à Dieu.

Maintien des relations d’alliance

La relation entre Dieu et les hommes, ainsi que les relations entre humains, sont toutes fondées sur des paroles vraies. Dieu est fidèle et tient toujours ses promesses. De même, le peuple de Dieu peut maintenir des relations d’alliance fondées sur la confiance en disant la vérité les uns aux autres.

Les paroles mensongères détruisent non seulement la relation avec Dieu, mais aussi les relations avec le prochain. Le neuvième commandement a été donné pour protéger les liens entre Dieu et les hommes, et entre les hommes eux-mêmes par des paroles véridiques.

Résumé

Le neuvième commandement nous a été donné par Dieu dans les buts suivants :

Au niveau social

  • Protéger un système judiciaire équitable
  • Maintenir les relations de confiance dans la communauté
  • Protéger les faibles contre l’injustice du pouvoir

Au niveau théologique

  • Former un peuple qui reflète la nature véridique de Dieu
  • Maintenir les relations d’alliance entre Dieu et les hommes, et entre humains

En d’autres termes, le neuvième commandement a été donné pour construire une société saine, une communauté saine, et un peuple semblable à Dieu.

Ce commandement nous enseigne, à travers la situation concrète du témoignage devant un tribunal, une vérité universelle : le pouvoir et la responsabilité des paroles. Nos paroles peuvent donner la vie ou donner la mort. C’est pourquoi Dieu a ordonné : « Tu ne porteras pas de faux témoignage. »

Le champ d’application du neuvième commandement

Le neuvième commandement, vu depuis le texte hébreu original, interdit le faux témoignage devant les tribunaux. Dans l’Israël antique, la parole des témoins était la seule preuve, et le faux témoignage était un péché extrêmement grave qui pouvait décider de la vie ou de la mort.

Cependant, il existe une longue histoire d’interprétation et diverses positions sur l’étendue de l’application de ce commandement. Les rabbins du judaïsme l’ont interprété comme incluant la calomnie et les commérages. L’Église catholique a enseigné qu’il couvrait également la diffamation, les ragots et les jugements hâtifs. Même dans les dénominations protestantes, certaines positions élargissent l’application à partir du principe « aimer son prochain », tout en maintenant le faux témoignage au tribunal comme cœur du commandement.

L’important est que, quelle que soit l’interprétation du neuvième commandement, la Bible dans son ensemble enseigne clairement la responsabilité des paroles. Lévitique 19:16 interdit la calomnie, les Proverbes enseignent à maintes reprises que Dieu déteste « la langue mensongère », et l’épître de Jacques met en garde contre le pouvoir destructeur de la langue.

En d’autres termes, que le neuvième commandement soit limité au faux témoignage judiciaire ou non, les insultes, la calomnie et le mensonge sont clairement interdits dans toute la Bible. Nous avons la responsabilité, non seulement devant les tribunaux mais dans tous les aspects de notre vie quotidienne, de dire la vérité, de protéger l’honneur de notre prochain et d’utiliser nos paroles avec amour.

Jésus, victime de faux témoignage

La Bible décrit des personnes qui ont perdu leurs biens ou leur vie à cause de faux témoignages. Combien de ces personnes connaissez-vous ?

Jésus aussi a été condamné à mort par de faux témoignages et crucifié.

Bien qu’innocent, il fut accusé de blasphème par de faux témoins. Beaucoup de gens furent manipulés, et même Pilate, qui voulait libérer Jésus en reconnaissant son innocence, céda à la foule qui criait « Crucifie-le ! » Ainsi, Jésus fut mis à mort par le supplice cruel de la crucifixion.

Cependant, le neuvième commandement n’est pas seulement « une histoire de Loi », mais aussi « une histoire qui mène à la croix », intimement liée au salut de Jésus.

Jésus qui lave nos péchés

Vous souvenez-vous du message sur Exode 20:14 « Tu ne commettras pas d’adultère » ?

Dans ce septième commandement, Jésus a dit que quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère dans son cœur. Nous avons alors parlé de l’impossibilité de vivre sans pécher.

« Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain » — cela ne concerne pas seulement le mensonge, mais est interprété comme interdisant toutes les mauvaises paroles qui sortent de notre bouche, selon la Loi.

Les péchés de parole ne peuvent être arrêtés par l’effort humain. La colère et la jalousie peuvent surgir soudainement. Il arrive qu’on veuille nier l’autre par dépit. Parfois, par simple espièglerie, on laisse échapper une méchanceté.

La Loi, y compris les Dix Commandements, n’est pas là pour nous désespérer en nous disant « ces commandements sont trop difficiles à observer ». Elle est là pour nous faire réaliser que « c’est précisément parce que nous ne pouvons pas observer parfaitement la Loi que nous avons besoin du salut de Jésus », et nous conduire vers ce salut. Elle est notre « pédagogue ».

Je vous encourage vivement à lire la Bible. Elle contient tant de paroles écrites pour vous. Ce sont des paroles que Dieu vous offre. Les paroles ont la vie et le pouvoir.

Si, en lisant, vous prenez conscience de votre péché, priez Dieu :

« Seigneur, j’ai péché. Je t’en prie, pardonne-moi. »

Jésus, le Fils de Dieu, a porté les péchés de tous les hommes sur la croix et est mort. Tous les hommes — cela nous inclut aussi.

Par le sacrifice parfait, sans péché, nos péchés ont été rachetés. Par Jésus, nos péchés ont été pardonnés.

Jésus couvre vos péchés, les lave, et nous conduit sur le chemin du salut.

Prions ensemble, croyant que Jésus a racheté nos péchés, et vivons chaque jour dans la reconnaissance.