2025-11-09-Bulletin_Hinokage_EgliseChretienne
Exode 20 : « Comblé en Christ Jésus »
Tu ne voleras point
Exode 20:15
15. Tu ne voleras point.
Le huitième commandement du Décalogue est écrit en hébreu « Lo Tignov (לֹא תִּגְנֹב) ». Comme nous le verrons plus loin, bien que la traduction littérale soit « Tu ne voleras point », cette expression porte en elle les nuances de « ne pas prendre furtivement » et « ne pas dérober par tromperie ».
- Lo (לֹא) … « ne… pas » (interdiction)
- Tignov (תִּגְנֹב) … « tu voleras » (deuxième personne du singulier, inaccompli)
C’est un commandement d’une remarquable concision, composé de seulement deux mots.
« Tignov » est une forme conjuguée du verbe « Ganav (גָּנַב) », qui signifie « voler » dans sa forme de base. Dans la Bible, ce terme porte un sens bien plus large que le simple fait de « voler un objet ».
Usages principaux
- Prendre secrètement, dérober furtivement … à distinguer du « Gazal (גזל) », qui désigne le pillage violent et ouvert
- Voler des personnes … enlèvement, traite d’êtres humains (Exode 21:16, Deutéronome 24:7)
- Voler le cœur … tromper, duper (Jacob qui vola le cœur de Laban dans Genèse 31:20, 26)
- Obtenir de manière injuste … incluant les droits, l’honneur, le temps, etc.
De plus, le huitième commandement (celui-ci) et le dixième commandement sont écrits en hébreu comme suit :
Particularité dans le Décalogue
- Huitième commandement … Lo Tignov (לֹא תִּגְנֹב) « Tu ne voleras point »
- Dixième commandement … Lo Tahmod (לֹא תַחְמֹד) « Tu ne convoiteras point »
Ces commandements ne comportent aucun complément d’objet direct spécifique.
Ceci est intentionnel, comme le soulignent de nombreux exégètes, afin de ne pas limiter le champ d’application.
Interprétation des biblistes
Dans l’interprétation juive traditionnelle, lorsqu’on analyse le contexte du Décalogue, ce commandement désigne principalement « le vol de personnes » (enlèvement). Les raisons en sont :
- Le Décalogue traite de péchés graves mettant en jeu la vie
- Exode 21:16 stipule que « celui qui vole un homme sera puni de mort »
- Les autres commandements du Décalogue concernent également des péchés passibles de la peine de mort
En revanche, les biblistes contemporains tendent vers une interprétation plus large :
- Toutes les formes de vol (objets, personnes, droits, temps, honneur)
- Toute atteinte au droit de propriété du prochain
- Toute violation de l’ordre établi par Dieu
Différence avec les autres termes désignant le « vol »
- Gazal (גזל) … spoliation violente, pillage ouvert
- Ganav (גנב) … vol furtif, appropriation injuste accompagnée de tromperie
Ainsi, comme nous l’avons mentionné au début, « Lo Tignov (לֹא תִּגְנֹב) » interdit un péché plus sournois : « ne prends pas furtivement, par tromperie, de manière injuste, ce qui appartient à autrui ».
De cette manière, le huitième commandement va au-delà de l’acte de « voler » pour englober toute injustice qui porte atteinte à la dignité humaine ou à l’ordre divin. C’est un commandement d’une portée remarquablement large.
La progression graduelle du péché
Jacques 1:14-15
14. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise.
15. Puis la convoitise, lorsqu'elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort.
L’épître de Jacques nous enseigne ce principe : « la convoitise enfante le péché ». Le Décalogue anticipait déjà ce principe. Attirés et séduits par la convoitise, nous transgressons le dixième commandement, puis lorsque le péché mûrit, nous passons à l’acte ou au faux témoignage, transgressant ainsi respectivement le huitième ou le neuvième commandement.
Le message d’aujourd’hui porte sur le huitième commandement, mais pour bien le comprendre, nous aborderons également les neuvième et dixième commandements.
Le péché ne commence pas par des actes extérieurs, mais jaillit du plus profond du cœur.
Le dixième commandement : « Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain »
Remontons l’ordre du Décalogue pour observer le cheminement du péché, du cœur vers l’action.
Le dixième commandement concerne :
- Le désir qui n’est pas encore passé à l’acte
- L’interdiction de la cupidité dans le cœur
- La racine du vol et du faux témoignage
Ainsi, c’est un commandement concernant l’intériorité et les motivations, révélant le péché qui prend sa source dans les désirs du cœur.
Le neuvième commandement : « Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain »
Le neuvième commandement concerne la parole et la justice sociale, et désigne :
- Le faux témoignage devant un tribunal
- Le vol de la propriété, de l’honneur ou de la vie du prochain par la parole
- L’interdiction de l’injustice à travers les institutions sociales
- S’emparer de terres par un faux témoignage, condamner un innocent, etc.
Ainsi, celui qui a été tenté par la convoitise exprime le péché extérieurement par la parole.
Le huitième commandement : « Tu ne voleras point »
Le huitième commandement concerne l’acte lui-même :
- Le vol déjà commis
- L’atteinte au droit de propriété physique
- L’action extérieure
Le désir du cœur est le point de départ, il se manifeste extérieurement par la parole, et enfin le péché porte son fruit par l’acte.
Les trois commandements
L’acte de « voler » naît de la convoitise, se manifeste par des paroles impures, et se concrétise finalement en action.
Ce processus implique le désir, la parole et l’action, accumulant plusieurs péchés.
Le vol peut sembler n’être qu’un seul acte, mais c’est en réalité un péché très grave qui souille simultanément l’intérieur et l’extérieur de l’être humain.
Dieu nous a donné trois commandements distincts — « ne pas voler », « ne pas porter de faux témoignage », « ne pas convoiter » — pour nous enseigner comment naît le péché et comment il se propage.
Chacun de ces commandements traite d’un péché différent, mais ils sont interconnectés et révèlent une seule vérité :
——« Le péché commence dans le cœur, passe par la parole, et aboutit à l’acte »——
Ces trois commandements, tout en traitant chacun de péchés distincts, nous offrent une vision tridimensionnelle du cheminement du péché.
Dieu ne regarde pas seulement nos actions, mais aussi les motivations cachées au fond de notre cœur.
Aparté
En termes informatiques, on pourrait dire que c’est une architecture MVC spirituelle conçue par Dieu :Cœur (Model) → Parole (View) → Acte (Controller)
Exactement ! Le design pattern MVC des commandements !
Le « vol » dans la société de l’Israël antique
Qu’était donc le « vol » dans la société de l’Israël antique ?
Structure sociale de l’époque et importance du droit de propriété
L’Israël antique était une société en transition entre la vie nomade et la vie agricole. Après l’Exode, le peuple d’Israël s’établit dans la terre promise de Canaan, où le bétail (moutons, chèvres, bœufs) et les terres (vignobles, oliveraies, champs de blé) constituaient les principales richesses.
Ces biens n’étaient pas simplement la fortune d’un individu, mais étaient directement liés à la survie de toute la famille, voire de toute la tribu. Perdre un seul mouton signifiait perdre de la nourriture et des vêtements pour la famille ; être dépossédé de sa terre signifiait perdre l’héritage transmis de génération en génération.
L’impact du vol sur la communauté
L’Israël antique n’était pas une société individualiste, mais une société communautaire liée par de forts liens familiaux, claniques et tribaux. Le vol d’une seule personne portait atteinte non seulement à la victime elle-même, mais aussi à toute sa famille et à la confiance de l’ensemble de la communauté.
Exode 21:16 stipule : « Celui qui dérobera un homme sera puni de mort ». C’est parce que vendre quelqu’un en esclavage détruit toute la vie de cette personne et de toute sa famille — un péché d’une extrême gravité. Dans le contexte du Décalogue, de nombreux exégètes interprètent « voler un homme » comme étant inclus dans le huitième commandement.
Ainsi, le commandement « Tu ne voleras point » ne se limite pas au simple vol d’objets, mais constitue un avertissement divin pour protéger la confiance communautaire et la vie elle-même.
Pourquoi Dieu en a-t-il fait l’un des Dix Commandements ?
Pourquoi Dieu a-t-Il fait de ce commandement l’un des Dix Commandements ?
Commander « Tu ne voleras point » n’avait pas pour but de simplement restreindre nos comportements, mais de refléter la nature de Dieu qui donne sans compter.
Dieu n’est pas Celui qui dérobe, mais Celui qui donne.
Comme dans la Genèse où Il a confié la terre à l’humanité et lui a donné tout ce dont elle avait besoin, Dieu, bien qu’étant le propriétaire de toutes choses, nous les a généreusement partagées sans réserve.
Ce que nous pensons « posséder » nous a en réalité été confié par Dieu.
Philippiens 4:19
19. Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus Christ.
Il n’est pas nécessaire de voler. Pourquoi ? Parce que Dieu pourvoit à tous nos besoins.
Voler est aussi une manifestation du fait que nous ne faisons pas confiance à Dieu qui pourvoit.
Le commandement « Tu ne voleras point » est un repère de bénédiction pour que nous reflétions la nature de Dieu, aimions notre prochain et vivions en comptant sur la grâce de Dieu.
Le Dieu qui comble
Jean 7:37-38
37. Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s'écria : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.
38. Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture.
Ce passage fait référence au rituel de puisage d’eau pratiqué lors des fêtes juives. Jésus a utilisé l’image de cette cérémonie de l’eau pour révéler qu’Il est Celui qui donne « l’eau vive ».
Cette « eau vive », ces « fleuves qui coulent » sont compris comme l’œuvre du Saint-Esprit en celui qui croit, et comme la vie qui jaillit. À travers la structure « celui qui a soif vienne » = « celui qui croit vienne », l’image de la foi = boire de l’eau est superposée.
Et « son sein » s’écrit en grec « koilias (κοιλίας) », et peut être interprété comme « du plus profond de soi » → « du fond du cœur et de l’âme » → « ce qui jaillit vers l’extérieur comme une vie nouvelle ».
De quelle soif souffrez-vous aujourd’hui ?
- La soif matérielle … les mains vides, en quête du pain de demain
- La soif du cœur … avoir des biens mais chercher l’amour et la reconnaissance
- La soif de la conscience … l’assèchement total de l’âme, où même le sens du bien et du mal s’est desséché
Ces soifs, si nous les laissons sans y remédier, deviennent tentation et nous conduisent au péché du vol.
Dieu est Celui qui donne.
Matthieu 7:7-11
7. Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira.
8. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe.
9. Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain ?
10. Ou, s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ?
11. Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.
Lorsque votre cœur souffre de la soif, ou lorsque vous êtes tenté de prendre un mauvais chemin, demandez à Dieu :
« Seigneur, s’il te plaît, pourvois à nos besoins. S’il te plaît, viens à notre aide. »
Priez du fond du cœur, en faisant confiance à Dieu.
Dieu n’abandonne jamais ceux qui Le cherchent sincèrement.
Parfois, les choses ne changent pas immédiatement après la prière.
Mais à travers ce temps d’attente, nous apprenons à ne pas nous précipiter, à ne pas abandonner, et à garder l’espérance.
Dieu ne façonne pas seulement le résultat, mais Il nous fait grandir tout au long du processus.
Aucune prière n’échappe à l’oreille de Dieu.
Même si le changement n’est pas immédiat, c’est dans cette prière que nous-mêmes sommes transformés.
Prions et demandons. Avec force, et dans la sérénité, en faisant simplement confiance à Dieu, continuons de prier.
Prions ensemble.