2026-05-31-Bulletin_Hinokage_EgliseChretienne
Exode 35 « Désirez-vous demeurer avec Dieu ? »
Le projet du Tabernacle
Moïse transmit au peuple d’Israël la mission que Dieu lui avait confiée.
Il leur ordonna d’observer le sabbat, puis leur demanda d’apporter les matériaux nécessaires à la construction du Tabernacle — ce lieu où le peuple pourrait demeurer en présence de Dieu.
« Que quiconque a le cœur généreux apporte une offrande à l’Éternel. Voici ce que vous apporterez. »
Alors les Israélites vinrent en nombre apporter à Moïse toutes sortes de richesses tirées de leurs biens personnels.
De l’or, de l’argent, du bronze, du fil bleu, du fil pourpre, du fil cramoisi, du lin fin, du poil de chèvre, des peaux de bélier teintes en rouge, des peaux de dugong, du bois d’acacia, des aromates, diverses huiles, des pierres précieuses.
Les offrandes affluèrent en si grande quantité que le travail ne pouvait plus avancer, et Moïse dut intervenir :
« C’est suffisant. Cessez d’apporter — tout ce qu’il faut est déjà réuni. »
Craindre Dieu, c’est le commencement de la sagesse
La Bible ne le mentionne pas explicitement, mais ce peuple avait subi le châtiment divin à cause de l’épisode du veau d’or. Dieu avait même déclaré : « Si je marchais au milieu de vous, je vous détruirais en chemin » — et le peuple avait été saisi de deuil.
Lorsque Moïse leur transmit la parole de Dieu — « Que celui qui a le cœur généreux apporte une offrande » —, ils vinrent avec joie, les uns après les autres, portant leurs présents.
Ce peuple avait échoué à maintes reprises, jusqu’à frôler l’anéantissement. C’est alors seulement qu’ils apprirent à craindre Dieu et à lui obéir. Cela peut sembler négatif, mais la Bible ne condamne pas ce chemin.
Proverbes 9.10
La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ; la connaissance du Saint, c’est l’intelligence.
Il existe un processus de maturation spirituelle : la crainte → l’obéissance → l’amour → le service dans la joie. Commencer par la crainte n’est pas un échec — l’essentiel est que cette crainte grandisse jusqu’à devenir amour. Tel est le fil conducteur de toute l’Écriture.
L’Esprit de Dieu
Des artisans à qui Dieu avait accordé la sagesse se rassemblèrent également pour participer au projet du Tabernacle :
- Bezaléel, de la tribu de Juda — rempli de l’Esprit de Dieu, doté de sagesse, d’intelligence, de science et de toute sorte d’habiletés, ainsi que de la capacité d’enseigner son art à d’autres.
- Oholiab, de la tribu de Dan — semblablement rempli de l’Esprit de Dieu, doté de sagesse, d’intelligence et de science.
- Des hommes à qui Dieu avait mis la sagesse dans le cœur.
- Tous ceux qui désiraient s’engager dans les travaux.
Bezaléel et Oholiab apparaissent pour la première fois dans la Bible en Exode 31. Rien dans les récits antérieurs ne signale leur activité particulière. C’est par une grâce unilatérale que Dieu répandit sur eux son Esprit et leur conféra les aptitudes d’artisans accomplis pour la construction du lieu saint.
Avant l’Exode, ils étaient esclaves en Égypte, astreints à la fabrication de briques et aux travaux de terrassement. Il est peu probable qu’ils aient alors possédé les compétences requises pour la construction d’un sanctuaire.
Remarquons que le texte parle ici de « l’Esprit de Dieu » et non du « Saint-Esprit ».
En hébreu, « l’Esprit de Dieu » se dit רוּחַ אֱלֹהִים (Rûaḥ Élohîm), expression distincte du « Saint-Esprit » tel que l’entend le Nouveau Testament.
- Dans l’Ancien Testament, on dit que « l’Esprit de Dieu vient sur » quelqu’un ou « le remplit ».
- Il se manifeste généralement sur des individus précis, pour un but précis.
Ce n’est pas une simple transmission de compétences techniques. C’est Dieu lui-même qui accompagne et guide — une action personnelle du Dieu vivant.
« Bezaléel, pour la sculpture du coffre de l’alliance, voilà le sens que tu donneras à chaque coup de ciseau… »
« Maître [Dieu] ! Compris ! »
C’est peut-être ainsi, dans le secret de l’âme, que l’Esprit de Dieu conduisait l’artisan dans son œuvre.
Ceux à qui Dieu a donné la sagesse, et ceux qui désirent œuvrer
Vinrent également ceux à qui Dieu avait mis la sagesse dans le cœur, et ceux qui désiraient prendre part aux travaux.
Les deux groupes reçoivent sagesse et zèle de Dieu, mais avec une nuance importante :
- Ceux à qui Dieu a donné la sagesse dans le cœur : artisans dotés d’un don technique par Dieu — ceux qui reçoivent et transmettent le savoir-faire de Bezaléel et Oholiab.
- Ceux qui désirent prendre part aux travaux : ceux que Dieu a animés d’une ardeur dans le cœur — venus avec enthousiasme, même sans talent particulier.
Sagesse et ardeur sont toutes deux des dons de Dieu. Cela nous dit, à nous aujourd’hui : même si vous pensez n’avoir aucun don particulier, si vous avez le désir de servir, vous pouvez participer à l’œuvre de Dieu.
Les spécifications du Tabernacle
Les plans de la construction furent dictés directement par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï, et consignés en détail dans les chapitres 25 à 31 de l’Exode.
Le Tabernacle se divisait ainsi :
- Le parvis extérieur — accessible à tous ; on y trouvait l’autel des holocaustes en bronze et le bassin de bronze.
- Le lieu saint — réservé aux sacrificateurs ; on y trouvait le chandelier d’or pur, la table des pains de proposition et l’autel des parfums.
- Le voile — brodé de chérubins, séparant le lieu saint du lieu très saint.
- Le lieu très saint — accessible une seule fois par an, le Jour des Expiations, au grand sacrificateur seul. En dehors de ce jour, il était entièrement fermé comme demeure directe de Dieu. On y plaçait l’arche de l’alliance.
Les objets à fabriquer comprenaient :
- L’arche de l’alliance — coffre en bois d’acacia entièrement recouvert d’or, surmonté de deux chérubins aux ailes déployées.
- Le chandelier à sept branches en or pur.
- La table des pains de proposition.
- L’autel des parfums.
- L’autel des holocaustes en bronze.
- Le bassin en bronze.
- La structure du Tabernacle — voiles brodés de chérubins, couvertures, planches et colonnes en bois d’acacia.
- Les vêtements sacerdotaux — éphod, pectoral, robe, tunique de lin, ceinture et diadème.
L’ensemble du Tabernacle, dans sa globalité et sa signification profonde, mériterait une étude approfondie que nous réservons pour une prochaine occasion.
La durée de construction du Tabernacle
Le projet du Tabernacle avait une échéance.
Exode 40.1-2
L’Éternel parla à Moïse et dit : « Le premier jour du premier mois, tu dresseras le Tabernacle, la tente d’assignation. »
Ainsi, ils achevèrent la construction du Tabernacle le premier jour du premier mois de la deuxième année. Puisqu’ils étaient sortis d’Égypte au premier mois de la première année, cela représente environ six à neuf mois de travaux.
Mais une question se pose : comment transporter ce sanctuaire jusqu’en Canaan, la terre promise ? Ne vous inquiétez pas. Le mot « Tabernacle » (mishkân en hébreu) désigne une structure en planches d’acacia et en tissus — en termes modernes, une tente préfabriquée démontable. Le transport était confié à la tribu de Lévi, et le livre des Nombres, chapitre 4, détaille précisément les procédures de démontage, d’emballage et de portage.
La Bible emploie deux termes distincts qu’il convient de distinguer :
- Tabernacle — hébreu מִשְׁכָּן (Mishkân), de la racine « habiter, résider ». L’accent est mis sur la présence divine : c’est le lieu où Dieu demeure.
- Tente d’assignation — hébreu אֹהֶל (Ohel), qui signifie simplement « tente ». L’accent est mis sur la structure elle-même. Ce mot s’emploie aussi pour les tentes ordinaires des nomades.
Dieu qui habita parmi les hommes
Exode 40.34-35
La nuée couvrit la tente d’assignation, et la gloire de l’Éternel remplit le Tabernacle. Moïse ne put entrer dans la tente d’assignation, car la nuée reposait dessus et la gloire de l’Éternel remplissait le Tabernacle.
La « tente d’assignation » était une tente provisoire, dressée à l’écart du camp, où Moïse s’entretenait avec Dieu. Lorsque le Tabernacle fut achevé, Dieu quitta cette tente provisoire pour s’installer officiellement dans le Tabernacle.
Jusqu’alors, Dieu repartait après chaque entretien. Désormais, il demeurait.
N’est-ce pas extraordinaire ? Parmi tous les événements survenus sur cette terre, celui-ci mérite sans doute une place parmi les trois plus grands de l’histoire universelle.
Le Dieu qui créa l’univers tout entier vint habiter dans cette tente faite de planches d’acacia et de tissus.
Au chapitre 1 de l’Exode, le peuple d’Israël était esclave.
Au chapitre 40, le dernier chapitre du livre, Dieu venait habiter au milieu de son peuple.
Pour les Israélites, le but accompli de l’Exode n’était pas simplement d’entrer dans la terre de Canaan — c’était de demeurer avec Dieu. Ce fut l’instant où cette promesse trouva son accomplissement.
Désirez-vous demeurer avec Dieu ?
Dieu vint habiter au milieu d’Israël — un peuple chargé de péchés — grâce à l’intercession de Moïse.
Ce fut un acte de grâce pure, unilatérale, inconditionnelle. Mais ce n’était qu’un commencement : jusqu’au terme du voyage, il leur faudrait marcher avec Dieu.
Il en va de même pour nous aujourd’hui. Nous sommes appelés à vivre en marchant avec Dieu jusqu’au bout.
Marcher avec Dieu, c’est se détourner du péché et orienter sa vie vers lui. Cela dépasse les forces et les efforts humains. C’est pourquoi le Saint-Esprit nous a été accordé.
L’Esprit-Saint — Dieu lui-même — nous a été donné par le Père, par l’intercession du Fils, Jésus-Christ. Il vit en nous aujourd’hui.
Ainsi, lorsque vous ne savez pas quoi faire, tournez-vous vers Dieu par le Saint-Esprit qui habite en vous. Lorsque vous avez péché, priez pour recevoir le pardon de Dieu.
Notre voyage vers la terre promise n’est pas encore achevé. Prions pour que nous ne nous éloignions jamais de Dieu, et pour que Dieu demeure toujours avec nous.
Junichi Jobi, séminariste