2026-05-17-Bulletin_Hinokage_EgliseChretienne

Exode 34 « Refléter la gloire de Dieu »

Moïse rayonnant de la gloire de Dieu

Voici ce qui se passa après que le peuple d’Israël eut trahi Dieu en fabriquant le « veau d’or », et après que Dieu se fut mis en grande colère contre eux.

Sur l’ordre de Dieu, Moïse tailla deux nouvelles tables de pierre, gravit le mont Sinaï — la montagne de Dieu — et y demeura quarante jours et quarante nuits, sans manger ni boire. Là, en présence de Dieu, il écrivit sur les tables les paroles que Dieu lui dictait. 【 voir Note 1 】

Puis il redescendit vers le peuple d’Israël.

À ce moment, le visage de Moïse rayonnait de la gloire de Dieu, mais lui-même n’en était pas conscient.

Aaron et le peuple d’Israël furent saisis d’étonnement en le voyant revenir du Sinaï. Cet éclat les remplit de crainte.

Cet éclat était le reflet de la gloire de Dieu, et il devait inspirer au peuple une profonde révérence devant la puissance souveraine du Seigneur.

Le peuple était tellement saisi de frayeur que Moïse voila son visage pour en cacher l’éclat. Il n’ôtait ce voile que lorsqu’il entrait dans le tabernacle pour se trouver en présence de Dieu.

Ce qui s’était passé sur le mont Sinaï

Avant et après « l’affaire du veau d’or », Moïse gravit deux fois le mont Sinaï pour recevoir de Dieu les tables de la Loi.

La première montée

La première fois, c’est Dieu lui-même qui prépara les tables et y grava les mots de sa propre main. Tout avait été pourvu par Dieu — c’était la forme pure de sa grâce.

Depuis leur départ d’Égypte, Israël n’avait cessé de défier Dieu, de désobéir à ses commandements, d’attirer sa colère. Durant ces quarante jours, Moïse eut certainement des moments d’entretien avec Dieu, mais il intercéda sans doute aussi sans relâche pour les péchés accumulés du peuple.

L’affaire du veau d’or

N’en pouvant plus d’attendre le retour de Moïse et cédant à l’angoisse, le peuple d’Israël se fabriqua une idole à sa convenance — un veau d’or — et se prosterna devant elle.

Dieu ordonna à Moïse de descendre en hâte et déclara qu’il allait détruire Israël. Sa colère était immense.

Grâce à l’intercession de Moïse, Dieu consentit à ne pas exécuter son jugement. Moïse redescendit et, voyant le peuple en pleine frénésie autour du veau d’or, il brisa les tables qu’il tenait entre ses mains. Ce geste signifiait que l’alliance avec Dieu avait été rompue.

Moïse appela ceux qui étaient du côté du Seigneur ; la tribu de Lévi se rassembla autour de lui. Sur son ordre, ils passèrent par l’épée environ trois mille hommes parmi le peuple.

La deuxième montée

Pour implorer le pardon du peuple qui avait commis une si grave faute, Moïse remonta sur le Sinaï. Au sommet, il intercéda pour eux pendant quarante jours et quarante nuits, sans manger ni boire, priant sans relâche, suppliant Dieu de les pardonner.

Le récit détaillé de cette intercession se trouve dans le livre du Deutéronome.

Deutéronome 9 : 8-9, 25

8. « À l'Horeb aussi, vous avez mis en colère le Seigneur,
   et il fut irrité contre vous au point de vouloir vous détruire.
9. Lorsque je montai sur la montagne pour recevoir
   les tables de pierre, les tables de l'alliance
   que le Seigneur avait conclue avec vous,
   je demeurai quarante jours et quarante nuits sur la montagne,
   sans manger de pain et sans boire d'eau.
25. Je me prosternai ainsi devant le Seigneur
   pendant les quarante jours et les quarante nuits
   que je passai prosterné,
   car le Seigneur avait dit qu'il vous ferait périr. »

Cette fois, les tables furent de nouveau données — mais avec une différence essentielle par rapport à la première fois. C’est Moïse qui tailla les tables, Moïse qui les porta jusqu’au sommet, et Moïse qui y écrivit les paroles de Dieu. 【 voir Note 1 】

La grâce de Dieu, qui avait donné la Loi à Israël, demeurait inchangée. Mais lors du renouvellement de l’alliance, une réponse active de l’être humain était désormais requise. Le renouvellement de l’alliance avec Dieu appelle une participation consentie de notre part.

Le chiffre 40 dans la Bible

Moïse jeûna quarante jours et quarante nuits sur le Sinaï. Dans la Bible, le chiffre « 40 » est profondément symbolique — il revient à maintes reprises pour évoquer l’épreuve, l’attente, la repentance, la préparation.

  1. Le déluge de Noé : la pluie tomba quarante jours et quarante nuits
  2. Après la mort de Jacob : l’embaumement dura quarante jours
  3. La reconnaissance de la Terre promise prit quarante jours
  4. Jésus jeûna quarante jours et quarante nuits dans le désert
  5. Après sa résurrection, Jésus parla du royaume de Dieu pendant quarante jours

En lisant la Bible, prêtez attention à ces chiffres et à ces répétitions. Les livres écrits en des temps très éloignés les uns des autres s’y rejoignent de façon étonnante, laissant apparaître comme une cohérence intérieure. Quand ce fil se révèle, c’est une expérience saisissante — on y pressent la merveilleuse conduite de Dieu.

Le visage rayonnant de Moïse

Au sommet du Sinaï, lors de sa deuxième montée, Moïse passa quarante jours et quarante nuits sans manger ni boire, à intercéder pour le peuple.

Moïse avait vécu de l’intérieur la colère de Dieu, son pardon, et le poids solennel du renouvellement de l’alliance. Puis il s’était entretenu à nouveau avec Dieu, et avait reçu sa gloire. C’est pour cela, peut-être, que son visage se mit à rayonner de cette même gloire.

La peau du visage

Dans le texte de l’Exode, là où il est dit que le visage de Moïse rayonnait, la version japonaise de la Bible parle de « la peau du visage ».

Le mot hébreu désignant cette « peau » est עוֹר (or), qui signifie simplement peau, épiderme. Et le verbe traduit par « rayonner » est קָרַן (qaran), qui signifie « émettre de la lumière ».

Or, qaran est apparenté au mot signifiant « corne », ce qui conduisit les traducteurs de la Bible latine — la Vulgate — à comprendre que le visage de Moïse avait développé des cornes plutôt qu’une lumière rayonnante.

C’est ainsi que Michel-Ange sculpta sa célèbre statue de Moïse… avec des cornes. Étrangement, sur Moïse, cela passe presque inaperçu.

S’éloigner de la gloire, s’en approcher

Genèse 3 : 21

« L'Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme
des habits de peau, et il les en revêtit. »

Cette scène se passe après qu’Adam et Ève eurent mangé le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal — que Dieu leur avait interdit — et qu’ils eurent pris conscience de leur nudité. Dieu leur confectionna alors des habits de peau pour les couvrir. Mais ils furent ensuite chassés du jardin d’Éden, s’éloignant ainsi de la gloire de Dieu.

Le mot hébreu pour cette « peau », c’est encore עוֹר (or) — exactement le même mot.

Ève et Adam : à cause du péché et de la honte, la peau devient un voile qui les couvre et les sépare de Dieu.
Moïse : après avoir conversé avec Dieu, la peau de son visage rayonne et reflète la gloire divine.

Le même mot, dans deux contextes presque opposés — il y a là quelque chose de profondément symbolique.

Refléter la gloire de Dieu

Chaque jour, nous recevons de Dieu des déversements de grâce.

Dans l’Exode, apparaissent des hommes et des femmes à qui l’Esprit de Dieu fut accordé — sagesse, compétence et intelligence — pour construire le tabernacle. L’un d’eux, Bezalel, de la tribu de Juda, reçut non seulement des dons exceptionnels, mais aussi la capacité d’enseigner aux autres.

Des hommes et des femmes sans nom furent eux aussi dotés de sagesse et d’habileté par Dieu, et participèrent à la construction du tabernacle.

Nous ne verrons peut-être jamais notre visage rayonner de lumière comme celui de Moïse. Pourtant, nous aussi, nous vivons dans la grâce de Dieu.

Dieu accorde à chacun d’entre nous des dons particuliers. L’art, la menuiserie, la musique, l’architecture — ces talents aussi sont des dons que Dieu fait aux êtres humains, et la Bible le dit clairement.

Un talent se cultive par l’apprentissage, la pratique, l’échec et la persévérance. Mais la force de continuer à s’y consacrer, les circonstances qui le permettent — tout cela aussi se trouve dans la grâce que Dieu nous accorde. Il n’y a donc aucune raison de mépriser l’effort : prendre soin de ce qui nous a été confié et le faire grandir, c’est aussi une façon de répondre à Dieu.

L’essentiel est de ne pas faire de ces dons une gloire qui ne profite qu’à nous-mêmes.

Quand nous utilisons avec gratitude ce qui nous a été donné, il arrive que nous découvrions dans cet acte même la grâce de Dieu plus profondément. Mais il ne s’agit pas d’un échange où l’on attendrait une contrepartie. La grâce de Dieu n’est pas une récompense — elle est donnée unilatéralement, sans condition. C’est pourquoi, reconnaissants pour la grâce déjà reçue, nous sommes appelés à la mettre au service de Dieu et de nos prochain·e·s.

Que nous puissions, jour après jour, rendre grâces à Dieu et vivre en reflétant la gloire qu’il nous accorde — tel est notre souhait et notre prière.


Junichi Jobi, séminariste


【 Note 1 】

Qui a écrit sur les tables lors de la deuxième montée — Dieu ou Moïse ?

Exode 34 : 1, 27-28

1. Le Seigneur dit à Moïse : « Taille deux tables de pierre
   semblables aux premières. J'y écrirai les paroles
   qui étaient sur les premières tables, que tu as brisées. »
27. Le Seigneur dit à Moïse : « Écris ces paroles,
   car c'est en vertu de ces paroles que je conclus
   une alliance avec toi et avec Israël. »
28. Moïse fut là avec le Seigneur quarante jours
   et quarante nuits, sans manger de pain
   et sans boire d'eau. Il écrivit sur les tables
   les paroles de l'alliance, les dix commandements.

Deutéronome 10 : 1-2

1. En ce temps-là, le Seigneur me dit :
   « Taille deux tables de pierre semblables aux premières,
   monte vers moi sur la montagne,
   et fais-toi une arche de bois.
2. J'écrirai sur ces tables les paroles
   qui étaient sur les premières tables que tu as brisées,
   et tu les mettras dans l'arche. »

En Exode 34 : 1 et Deutéronome 10 : 2, il est clairement indiqué que c’est Dieu qui écrit sur les tables. En revanche, en Exode 34 : 27, Dieu ordonne à Moïse d’écrire ces paroles — sans préciser que ce soit sur les tables de pierre. Quant à Exode 34 : 28, le sujet n’est pas explicitement mentionné dans le texte hébreu original, de sorte que la question de savoir si c’est Dieu ou Moïse qui a écrit fait encore l’objet de débats parmi les spécialistes. Dans ce message, nous avons présenté l’interprétation selon laquelle c’est Moïse qui a écrit, mais il convient de signaler que cette question ne peut être tranchée avec certitude.