2026-04-26-Bulletin_Hinokage_EgliseChretienne
Exode 34 « Le Dieu qui te cherche »
La gloire de Dieu
Sur le mont Sinaï, Dieu est descendu au milieu de la nuée avec sa gloire, et il a proclamé son nom à Moïse.
Exode 34, versets 6 et 7 (traduction moderne)
6. « Je suis Dieu. Dieu de miséricorde et de grâce, lent à la colère, débordant d'amour et de fidélité.
7. Dieu qui accorde sa grâce pour toujours et qui pardonne le péché. Mais je suis aussi le Dieu qui ne laisse pas le coupable impuni. »
Cette gloire divine, si grande que la regarder en face suffirait à tuer un homme, passa devant Moïse. Ce fut une proclamation puissante du nom de Dieu par Dieu lui-même.
Moïse ne put voir directement la gloire divine — mais la Parole est Dieu lui-même. C’est donc Dieu en personne que Moïse a rencontré, dans toute sa plénitude.
Nous avons médité ce passage lors de notre dernière réunion.
La version littérale et la traduction moderne
Ce dimanche, la pasteure Makoto nous propose une comparaison entre la traduction moderne et la version littérale que nous utilisons habituellement. Cette confrontation des textes nous réserve quelques découvertes surprenantes.
Exode 34, verset 7
7. [Version littérale] Il exerce sa bonté jusqu'à mille générations, il pardonne la faute, la transgression et le péché ; mais il ne tient pas le coupable pour innocent, il poursuit la faute des pères sur les enfants et les petits-enfants, jusqu'à la troisième et la quatrième génération.
7. [Traduction moderne] Dieu qui accorde sa grâce pour toujours et qui pardonne le péché. Mais je suis aussi le Dieu qui ne laisse pas le coupable impuni.
L’amour du hesed
- Version littérale : « Il exerce sa bonté jusqu’à mille générations »
- Traduction moderne : « Dieu qui accorde sa grâce pour toujours »
- Hébreu : « נֹצֵר חֶסֶד לָאֲלָפִים » (Notsér Hésed La’alafim)
- « נֹצֵר » (Notsér) → « celui qui garde, qui protège fidèlement »
- « חֶסֶד » (Hésed) → « bonté, grâce, amour d’alliance »
- C’est l’un des mots les plus difficiles à traduire en hébreu — aucune langue ne le rend pleinement en un seul mot.
- Il désigne un amour indéfectible fondé sur l’alliance, une fidélité et une tendresse sans faille.
- En anglais : « loving-kindness » — la bonté aimante
- En français :
- « grâce » — la faveur divine, mais sans la dimension relationnelle
- « miséricorde » — la compassion, mais sans l’idée de fidélité à l’alliance
- En japonais, les traductions proposées restent toutes partielles :
- « いつくしみ » (douceur bienveillante) — exprime la chaleur, mais pas la fidélité contractuelle
- « 恵み » (grâce) — évoque le don unilatéral, mais pas la relation
- « 愛 » (amour) — trop large
- « amour fidèle » — juste, mais trop explicatif
- « amour qui garde l’alliance » — le plus précis, mais trop long
- « לָאֲלָפִים » (La’alafim) → « pour des milliers de générations »
En résumé, voici la comparaison :
- Hébreu : « Celui qui garde fidèlement le hésed (l’amour d’alliance) pour des milliers de générations »
- Version littérale : « Il exerce sa bonté jusqu’à mille générations »
- Traduction moderne : « Dieu qui accorde sa grâce pour toujours »
La version littérale est plus proche du texte hébreu. Toutefois, dans la Bible, le chiffre « mille » désigne une quantité innombrable, une grandeur infinie — l’éternité elle-même. Les deux traductions expriment donc la même réalité.
Le Dieu qui pardonne
- Version littérale : « Il poursuit la faute des pères sur les enfants et les petits-enfants, jusqu’à la troisième et la quatrième génération. »
- Traduction moderne : « Le Dieu qui ne laisse pas le coupable impuni. »
- Hébreu : « וְלֹא יְנַקֶּה פֹּקֵד עֲוֹן אָבוֹת עַל־בָּנִים וְעַל־בְּנֵי בָנִים עַל־שִׁלֵּשִׁים וְעַל־רִבֵּעִים »
(Vélo Yénaqqé, Poqéd, Avon Avot, Al Banim, Véal Béné Vanim, Al Chéléchim, Véal Ribbéim) - « וְלֹא יְנַקֶּה » (Vélo Yénaqqé) → « il ne tient absolument pas pour innocent »
- « פֹּקֵד » (Poqéd) → « celui qui visite, qui rétribue »
- « עֲוֹן אָבוֹת » (Avon Avot) → « les fautes des pères »
- « עַל־בָּנִים » (Al Banim) → « sur les fils »
- « וְעַל־בְּנֵי בָנִים » (Véal Béné Vanim) → « sur les fils des fils »
- « עַל־שִׁלֵּשִׁים » (Al Chéléchim) → « jusqu’à la troisième génération »
- « וְעַל־רִבֵּעִים » (Véal Ribbéim) → « jusqu’à la quatrième génération »
En résumé :
- Hébreu : « Il ne tient pas pour innocent, mais visite la faute des pères sur les fils, sur les petits-fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération »
- Version littérale : « Il poursuit la faute des pères sur les enfants et les petits-enfants, jusqu’à la troisième et la quatrième génération. »
- Traduction moderne : « Le Dieu qui ne laisse pas le coupable impuni. »
Une fois encore, la version littérale est plus fidèle au texte hébreu. La traduction moderne a omis la mention des « troisième et quatrième générations ».
Dans le Japon contemporain, l’idée que la punition du père puisse atteindre ses enfants est une notion facilement mal comprise — on pense à la responsabilité collective, ou à l’hérédité. La version littérale est certes plus exacte, mais lue sans explication, elle risque de susciter la réaction : « Quoi, les enfants sont aussi punissis ? » La traduction moderne a donc choisi de ne conserver que l’essentiel de la rigueur divine.
Les enfants ne portent pas la faute de leurs parents
Que signifie alors cette expression : « Dieu visite la faute jusqu’à la troisième et quatrième génération » ?
D’abord, cela n’a rien à voir avec une responsabilité collective, ni avec la génétique.
Le verbe hébreu « פָּקַד » (paqad) — « visiter, rétribuer » — exprime la propagation des conséquences, non le transfert automatique de la punition aux descendants.
Ézéchiel 18, verset 20
20. C'est l'âme qui pèche qui mourra. Le fils ne portera pas la faute du père, et le père ne portera pas la faute du fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui.
La Bible, dans son ensemble, pose le principe de la responsabilité individuelle — et non collective.
Que désignent alors ces « troisième et quatrième générations » ?
Il s’agit de la propagation réelle et concrète des conséquences du péché :
- Un parent alcoolique → un environnement familial abîmé
- Un parent violent → un enfant qui apprend la violence
- Un parent idolâtre → un enfant élevé dans la même culture
Ce n’est pas la punition qui se transmet — c’est la réalité des effets du péché qui se répercute.
Le Dieu qui te cherche
Nous avons étudié aujourd’hui les versets 6 et 7 du chapitre 34 de l’Exode. Avez-vous remarqué quelque chose dans ces paroles ?
Les conséquences du péché des parents s’étendent sur trois ou quatre générations. Mais la grâce de Dieu, elle, s’étend sur mille générations — ce qui signifie, dans le sens profond du terme : pour l’éternité.
La grâce de Dieu n’a pas de date d’expiration. Sa bonté ne rassit pas comme une baguette — elle reste fraîche, généreuse, sans jamais s’épuiser. Dieu répand sur nous sa grâce, gratuitement, inconditionnellement, unilatéralement.
Quand le matin vient et que le soleil se lève, sa lumière — cette grâce de Dieu — se déverse sans distinction sur les riches et les pauvres, sur les justes et les pécheurs. C’est parce que Dieu nous aime.
Ézéchiel 34, versets 11 et 12
11. Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Me voici ! Je vais moi-même rechercher mes brebis et prendre soin d'elles.
12. Comme un berger prend soin de son troupeau quand il se trouve au milieu de ses brebis dispersées, ainsi je prendrai soin de mes brebis. Je les rassemblerai de tous les endroits où elles ont été dispersées au jour de nuages et de brouillard.
Ces brebis, c’est nous. Même quand elles font des bêtises, le berger les regarde avec tendresse : « Oh, mes chéries, non non, soyez sages ! » Il attend avec une patience infinie qu’elles reviennent dans le droit chemin. Il donne de l’herbe et de l’eau à toutes. Et si l’une d’elles se perd, il part la chercher de toutes ses forces — et quand il la retrouve, il court annoncer la bonne nouvelle à tout le voisinage, débordant de joie.
C’est ainsi que Dieu vous attend, avec cette même patience, que vous reveniez à lui.
Si vous portez une inquiétude, une souffrance dans votre cœur — si vous vous sentez perdus, si vous traversez des difficultés dans vos relations familiales — adressez cette prière à Dieu : « Seigneur, je t’en supplie, viens à mon aide. »
Dieu se réjouira avec joie, et il répandra certainement sa grâce sur vous. Que vos souffrances soient levées le plus tôt possible — c’est notre prière pour vous.
Junichi Jobi, séminariste